SHARK 50 – Voilier Aluminium - Grande croisière - Refit complet 2017
Dessiné par l'architecte Guy Ribadeau-Dumas et construit en aluminium par le chantier Coder Industries, le SHARK 50 est un voilier de grande croisière rapide, conçu pour avaler les milles avec une aisance et une sécurité rares sur un plan de quinze mètres. Cette unité a bénéficié d'un refit complet en 2017 qui l'a profondément modernisée : moteur et embase sail-drive neufs, jeu de voiles North Sails Performances et électronique B&G intégrale. Son déplacement contenu et son gréement puissant lui offrent de belles vitesses, même dans les petits airs de Méditerranée, tandis que ses volumes intérieurs et ses deux cabines en font un véritable bateau de voyage. Un plan de pont clair et bien pensé permet de le mener aussi bien en équipage réduit qu'en solitaire.
Il existe des voiliers que l'on regarde, et d'autres que l'on écoute. Le SHARK 50 appartient à cette seconde famille : une longue coque d'aluminium au profil tendu, née dans les années où la course au large française inventait une nouvelle manière de traverser les océans — plus légère, plus rapide, plus libre. À son passage dans un mouillage, on devine immédiatement un bateau bâti pour la haute mer bien plus que pour la parade.
Le SHARK 50 naît au milieu des années 1980 de la rencontre entre un architecte et un matériau. L'architecte, c'est Guy Ribadeau-Dumas, l'une des plumes marquantes de l'architecture navale française, dont les traçés ont accompagné l'âge d'or de la course au large et de la jauge IOR. Le matériau, c'est l'aluminium marine, travaillé par le chantier Coder Industries, qui en fit sa signature.
À cette époque, une idée s'impose dans les esprits des coureurs et des grands voyageurs : alléger pour aller plus loin. Le SHARK 50 s'inscrit dans cette philosophie du déplacement contenu, celle-là même qui portera les premières générations de bateaux du tour du monde en solitaire. On ne cherche plus seulement la robustesse : on cherche la vitesse sûre, cette capacité à tenir une moyenne élevée jour après jour, sans jamais malmener l'équipage. Long, fin, gréé avec ambition, le SHARK 50 est pensé pour cela.
L'aluminium, ici, n'est pas un détail. Il raconte une culture nautique à part entière, celle des bateaux d'expédition et des coureurs du grand large, capables d'encaisser une touche, un échouage volontaire dans une crique ou les glaces d'une haute latitude, là où d'autres coques renonceraient.
Dans le petit monde des amateurs de voiliers métalliques, le nom de Coder Industries évoque une époque où quelques chantiers français faisaient de l'aluminium un art de vivre en mer. Ces unités se transmettent, se refont, se dorlotent — rarement elles finissent oubliées au fond d'un port.
Le SHARK 50 traîne avec lui une réputation de « vrai bateau de marin » : celui que l'on achète après en avoir possédé plusieurs, quand on sait enfin ce que l'on cherche. On raconte volontiers, dans les pontons, que ces grands sloops d'aluminium se révèlent surtout quand le vent monte et que la mer se forme — au moment où beaucoup préfèrent rentrer. C'est là, dans la brise soutenue et le clapot méditerranéen, qu'ils prennent toute leur mesure et offrent leurs plus belles étendues de sillage.
Au fil des retours de propriétaires et des discussions de communautés nautiques, une image cohérente se dessine. On loue avant tout le comportement marin de ces grands voiliers d'aluminium : sains, rassurants, capables de tenir une route élevée sans exiger un équipage nombreux. La construction métallique est perçue comme un gage de longévité et de sérénité, à condition d'un entretien régulier que les passionnés considèrent comme un plaisir plutôt qu'une contrainte.
Les amateurs soulignent aussi l'équilibre rare du programme : un bateau assez performant pour animer une transat ou une belle croisière rapide, et assez habitable pour y vivre longtemps. En contrepartie, ces unités demandent un propriétaire attentif, sensible à la beauté d'une coque métallique bien tenue et à la valeur d'un bateau que le temps n'a pas standardisé. C'est précisément ce qui en fait, aujourd'hui encore, un objet recherché.
Le SHARK 50 séduit parce qu'il refuse la banalité. À l'heure des carrénes de série, il rappelle une époque où chaque grand voilier avait un caractère, une silhouette et une histoire. Il parle à ce marin-là : celui qui rêve de longues étapes, de mouillages sauvages et de traversées où le bateau devient une maison mobile autant qu'une monture de mer.
Il incarne une certaine idée de la liberté : celle de partir loin, de compter sur une coque solide et sur un plan de pont pensé pour l'équipage réduit, et de retrouver, à chaque risée, la sensation grisante d'un grand voilier qui glisse. Ni tout à fait coureur, ni simple croiseur, il occupe cet espace précieux où la performance se met au service du voyage. C'est ce qui, quarante ans après ses premiers milles, continue de faire battre le cœur de ceux qui le découvrent.
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