Construit en 2007 par le chantier oléronnais Ocqueteau et détenu depuis l'origine par le même propriétaire, cet 885 Fly est une vedette habitable de 7,83 mètres conçue pour la croisière côtière à deux ou en famille. Sa timonerie fermée, son flybridge et son vaste cockpit arrière lui offrent une polyvalence rare sur ce format : on navigue au sec et à l'abri lorsque le temps se gâte, on pilote en plein air par beau temps et on vit dehors au mouillage. La motorisation Nanni T6-300 de 300 chevaux, en ligne d'arbre, ne totalise que 750 heures et a été suivie avec rigueur, injecteurs, turbo et ligne d'échappement à l'appui. Basé à Cannes Marina, à Mandelieu-la-Napoule, le bateau est prêt à naviguer.
Il y a des bateaux que l'on reconnaît à leur silhouette avant même de lire leur nom sur le tableau arrière. L'Ocqueteau 885 Fly fait partie de ceux-là. Haut sur l'eau, étrave franche, timonerie vitrée coiffée d'un flybridge, il porte en lui tout l'héritage d'un chantier atlantique qui a passé soixante-dix ans à écouter les marins plutôt que les modes. Né sur une île balayée par les vents d'ouest, pensé pour des eaux qui ne pardonnent pas l'approximation, il incarne une idée très française de la plaisance : sortir souvent, sortir longtemps, et rentrer au sec.
L'histoire commence en 1948, au bord du chenal d'Ors, sur l'île d'Oléron. Guy Ocqueteau, fils de marin formé à l'ébénisterie puis devenu charpentier de marine, y installe son chantier. On y construit d'abord du bois, à l'ancienne, pour des pêcheurs et des ostréiculteurs qui savent exactement ce qu'ils demandent à une coque.
Les décennies suivantes dessinent une trajectoire singulière :
Le 885 arrive dans cette continuité, tout en haut de la gamme habitable du chantier. Il est né d'une demande simple et difficile à satisfaire : offrir sur moins de huit mètres cinquante le confort d'un vrai bateau de croisière, une timonerie fermée pour naviguer par tous les temps, et un flybridge pour profiter du soleil quand il revient. Une équation de constructeur, pas de styliste.
Chez Ocqueteau, la devise maison tient en une phrase que l'on retrouve dans toute la production du chantier : la sécurité et le confort sont les deux qualités essentielles d'un bateau. Ce credo explique beaucoup de choses sur la façon dont ces coques sont dessinées, avec des francs-bords généreux, des passavants que l'on emprunte sans gymnastique et des volumes intérieurs qui ne sacrifient jamais l'habitabilité à l'effet de style.
La réputation du chantier s'est construite loin des projecteurs, auprès d'un public de marins pratiquants. Les Ocqueteau ont longtemps été les bateaux des pêcheurs-plaisanciers de la façade atlantique, puis de ceux qui voulaient un bateau capable de sortir en avril comme en octobre. Dans les ports, on reconnaît leurs propriétaires à une certaine fidélité : beaucoup gardent leur unité dix, quinze ou vingt ans, et en changent pour un autre Ocqueteau.
L'histoire du chantier connaîtra des turbulences, passages sous contrôle de groupes industriels, reprises successives, puis la liquidation du site oléronnais à la fin des années 2010. Paradoxalement, cette fin a renforcé l'attachement à la marque : un Ocqueteau n'est plus seulement un bateau, c'est le témoin d'un savoir-faire français que l'on ne reproduit plus.
Sur les forums de plaisance et dans les communautés nautiques francophones, le discours sur les Ocqueteau est remarquablement stable d'une génération de modèles à l'autre.
Ce que l'on retient le plus souvent du côté des points forts :
Ce que l'on lit aussi, en toute honnêteté :
Cette image de bateau sérieux, fiable et peu démonstratif est précisément ce qui fait aujourd'hui la valeur des beaux exemplaires sur le marché de l'occasion.
Le 885 Fly s'adresse à un marin précis. Celui qui ne cherche pas un bateau de parade mais une unité capable de l'emmener dîner dans une calanque un soir de semaine, de passer trois jours en famille entre deux îles, et de sortir pêcher au petit matin sans se poser de question sur la météo annoncée.
Son charme tient à cette double vie. En bas, la timonerie protège, chauffe, abrite : on y navigue comme dans un petit bateau de travail, au sec, les mains sur une barre franche de secours jamais bien loin. En haut, le flybridge transforme la sortie en promenade, avec cette sensation de dominer le plan d'eau que l'on ne trouve pas sur un open de la même taille.
C'est enfin un bateau de propriétaire plus que de passage. Les Ocqueteau se bonifient quand on s'en occupe, et les exemplaires suivis depuis l'origine par une même main sont ceux qui traversent le mieux les années. Dans un marché saturé de coques spectaculaires et vite démodées, le 885 Fly propose autre chose : la discrétion d'un bateau bien né, l'odeur du polyester bien travaillé, et la tranquillité de savoir que, sous la ligne de flottaison, tout a été dessiné par des gens qui connaissaient la mer.
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