Construite en 1989 par Arcoa, la marque de plaisance née sur le Bassin d'Arcachon dans le sillage du chantier Couach, cette vedette habitable de 9,20 m appartient à la génération de bateaux à moteur français pensés pour la croisière côtière en famille. Deux cabines fermées, un carré convertible, une timonerie abritée et un vaste cockpit arrière lui donnent un volume habitable que peu d'unités offrent sur cette longueur. Elle est motorisée par deux Volvo Penta AQAD 41 diesel de 200 ch, transmission par embases Duoprop, et dispose d'un propulseur d'étrave qui rend les manœuvres de port accessibles à tous. Son propriétaire, professionnel de la mécanique marine, l'a entièrement reprise : moteurs refaits en 2021 facture à l'appui, embase DP 290 révisée la même année, coque, pont et carré extérieur repris en intégralité. Basée à Hyères, elle se présente avec un jeu de tauds neuf et une sortie d'eau de juin 2026.
Le propriétaire actuel, professionnel de la mécanique marine, a racheté le bateau en mauvais état et en a mené la remise en état complète, en commençant par la mécanique.
Bateau visible au port d'Hyères, dans le Var. Le navire occupe actuellement un emplacement passager, reconductible un an ; aucune place de port n'est cédée avec la vente. Visites sur rendez-vous avec Anteck.
Il est des bateaux que l'on reconnaît de loin, à la ligne de leur pavois et à la façon dont ils fendent le clapot sans jamais forcer. L'Arcoa 975 est de ceux-là. Née sur les rives du Bassin d'Arcachon, dans le sillage d'un nom qui a écrit un siècle de construction navale française, cette vedette habitable a accompagné des générations de familles le long des côtes bretonnes, atlantiques et provençales. Elle appartient à cette lignée de bateaux robustes et sans esbroufe, conçus à une époque où l'on dessinait encore des carènes pour la mer plutôt que pour les plaquettes commerciales.
Pour comprendre l'Arcoa 975, il faut remonter au Bassin d'Arcachon et à la famille Couach, motoristes depuis 1897. En 1947, Guy Couach crée la marque Arcoa — contraction d'Arcachon — pour lancer la production de bateaux de série, là où le chantier familial ne construisait jusqu'alors que des unités à l'unité et des moteurs marins. Le premier modèle, une pinasse de 10,50 mètres, connaît un succès considérable : plus de quatre cents exemplaires sortent des ateliers, dont une large part part vers l'Afrique, Madagascar et l'Asie.
Le chantier de Gujan-Mestras, édifié en 1962, donne ensuite à Arcoa les moyens de son ambition. Le polyester remplace le bois, les séries s'allongent, et la marque se spécialise dans un créneau très français : la vedette habitable de 8 à 12 mètres, capable d'emmener une famille en croisière côtière sans exiger l'équipage ni le budget d'un yacht. L'Arcoa 975 appartient à la dernière génération de cette lignée, produite à la charnière des années 1980 et 1990, quand le chantier maîtrisait parfaitement son savoir-faire polyester et que les motorisations diesel à embase venaient enfin offrir la fiabilité que réclamaient les propriétaires.
Les Arcoa traînent une réputation tenace dans les ports français : celle de bateaux que l'on ne casse pas. Les récits de propriétaires reviennent tous sur le même point, la densité du stratifié et l'épaisseur des cloisons, héritées d'une culture de chantier habituée à livrer des vedettes de servitude et de pilotage avant de servir la plaisance. Il n'est pas rare de croiser aujourd'hui des unités de trente-cinq ou quarante ans dont la coque n'a jamais bougé.
Cette solidité a nourri une seconde vie inattendue : l'Arcoa est devenu un bateau de refit. Sur les forums nautiques, on suit depuis des années des chantiers personnels au long cours — ponts repris, mécaniques déposées, aménagements entièrement redessinés — menés par des propriétaires convaincus qu'une bonne coque mérite qu'on lui redonne trente ans. Peu de marques de série de cette époque suscitent un tel attachement. On restaure une Arcoa comme on restaure une voiture ancienne : parce que la structure vaut l'effort.
Dans le Sud, l'Arcoa 975 s'est taillé une place particulière. Assez marin pour aller aux îles d'Hyères ou en Corse par mer formée, assez habitable pour y dormir à quatre ou six, assez compact pour trouver une place dans les ports saturés de la côte varoise, il a séduit ceux qui voulaient un vrai bateau de croisière sans entrer dans la catégorie des unités à équipage.
Les retours d'expérience convergent. Ce que l'on retient d'abord, c'est le comportement à la mer : une carène qui encaisse, un bateau sain, rassurant, qui ne tape pas et qui garde son cap dans le clapot court de Méditerranée. Vient ensuite le volume, régulièrement cité comme le meilleur argument du modèle — deux cabines séparées et un carré sur moins de dix mètres, c'était une performance à l'époque, cela le reste aujourd'hui.
Les propriétaires sont aussi lucides sur les contreparties, les mêmes que pour toute unité de cette génération : un bateau qui demande de l'entretien, une mécanique et une électricité qu'il faut suivre, et des consommations qui rappellent que l'on navigue derrière deux moteurs et non derrière un seul. Ceux qui recommandent le modèle le disent sans détour : une Arcoa bien suivie est un excellent bateau, une Arcoa négligée devient un chantier. La valeur du bateau se juge donc moins sur son millésime que sur l'historique de son propriétaire.
Côté marché, la marque bénéficie d'une cote stable et d'une communauté active. Les unités correctement entretenues trouvent preneur rapidement, souvent auprès d'acheteurs qui connaissent déjà le nom Arcoa et savent exactement ce qu'ils viennent chercher.
L'Arcoa 975 plaît à un marin précis : celui qui préfère la substance au clinquant. Pas de grandes surfaces vitrées ni de fly déraisonnable, mais une timonerie où l'on tient debout, un cockpit où l'on vit, deux cabines où l'on dort vraiment, et une coque à laquelle on peut se fier quand le vent forcit au retour des îles.
C'est un bateau de week-ends prolongés et de petites transhumances côtières, de mouillages à l'abri d'une pointe et de retours au crépuscule. Il incarne une idée très française de la plaisance : sobre, pratique, durable, où le plaisir naît de la navigation elle-même plutôt que de l'affichage. Quarante ans après sa conception, cette philosophie n'a rien perdu de sa pertinence — elle en a plutôt gagné.
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